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Le retour au village comme solution politique d'avenir

Un effondrement civilisationnel imminent est très proche selon les collapsologues

  Ces dernières années, la théorie de l’effondrement a pris beaucoup d’ampleur dans les médias et est devenu un sujet politique majeur. Le premier ministre a lui même cité à de nombreuses reprises un ouvrage de référence en la matière, «Effondrement» de Jared Diammond, lors de ces discours sur l’écologie. Greta Thunberg et les marches pour le climat sont également des signes qui indiquent que l’idée d’un futur apocalyptique a fait son chemin, en particulier dans l’esprit des jeunes générations.

  Pour les lecteurs qui ne sont pas encore familier avec ce thème, je recommande vivement la vidéo d’Absol publié le 19 août sur Youtube. Il s’agit de la première partie d’un documentaire consacré à l’effondrement. Ce thème est aussi très présent sur la chaîne Thinkerview au travers d’interviews souvent passionnantes (P. Servigne, J. Balmont, V. Mignerot, E. Morin, P. Bihouix).

  Je ne reviendrai pas dans cet article sur les fondements de cette théorie.

L’objectif ici est plutôt de formuler une réflexion politique sur la manière dont nous pouvons, en tant que citoyens, appréhender l’avenir en prenant en compte le contexte politique actuel et les risques d’effondrement dans un futur plus ou moins proche.

  Pour résumer très brièvement:

la théorie de l’effondrement nous explique que notre monde thermo-industriel touche à sa fin en raison de l’épuisement des ressources naturelles et des menaces climatiques. La plupart des experts qui s’intéressent au risque systémique d’effondrement s’accordent à dire que celui-ci devrait advenir dans la décennie à venir (2020-2030) et les plus « optimistes » l’anticipent autour de 2050[1].

   Ainsi, il s’agit d’une menace qui plane sur les jeunes générations et qui finira tôt ou tard par se concrétiser d’une manière ou d’une autre. Personne ne peut prédire l’avenir et de tout temps des prévisions catastrophistes ont été prononcées pour être ensuite démentis par la réalité. A la fin du XIXème siècle par exemple, les grandes villes industrielles utilisaient des milliers de chevaux pour fonctionner. Les problèmes environnementaux occasionnés amenèrent certaines personnes à penser que ces villes (Paris, Londres) deviendraient vite invivables à cause des crottins de chevaux et des maladies[2]. On peut aussi citer l’exemple plus contemporain du pic pétrolier, qui est au cœur de la théorie de l’effondrement, sans cesse annoncé puis repoussé en raison de nouvelles techniques d’extractions (gaz de schiste)[3].

  Pour ma part, après avoir longuement étudié le sujet, je pense que l’effondrement a déjà commencé et qu’il s’amplifiera tout au long du XXIème siècle. Il sera marqué par des crises de natures diverses (économique, climatique, géopolitique, énergétique, alimentaire) plus ou moins compliquées à gérer. Il aura comme conséquences une baisse du niveau de vie générale des populations, un accroissement des inégalités, de la violence, des guerres et des migrations massives. Finalement, l’épuisement des ressources aboutira à la faillite des états et à une diminution drastique de la population mondiale.  

Un conflit peuple/élite

qui s’intensifie en France

  Une fois que l’on a bien identifié ces perpectives d’avenir, intéressons nous au contexte politique actuel en France. Une partie du peuple se lève depuis bientôt un an pour dire stop à un pouvoir qui le maltraite à coup de bas salaires et de taxes. Un combat s’est alors engagé entre un peuple qui prend peu à peu conscience des enjeux et des menaces qui pèsent sur lui et une élite irresponsable et machiavélique. Celle-ci étant à la solde d’une petite oligarchie qui nous mène tout droit vers le désastre.

  Ce mouvement social s’explique par un profond sentiment d’injustice et une insécurité grandissante pour les classes populaires périphériques.

Cette insécurité est multidimensionnelle:

  1. Economique: avec un chômage de masse, des salaires qui stagnent (voire baissent) et un coût de la vie en hausse.
  2. Insécutité culturelle ensuite avec un sentiment de perte d’identité et d’unité au sein d’un peuple qui se divise peu à peu en communautés.
  3. Environnemental enfin, les classes populaires sont très conscientes de la dégradation de l’écosystème et de l’inaction des élites à ce sujet.

A ce propos je renvoie à l’excellent ouvrage du géographe C. Guilluy intitulé «La France périphérique» qui définit parfaitement cette France d’où sont issus les gilets jaunes.   

  On peut voir dans ce sentiment d’insécurité et la violence du conflit que cela occasionne, les premiers effets de l’effondrement qui s’amorce:

L’Etat, privatisé par l’oligarchie au pouvoir, n’est plus en mesure d’assurer les besoins élémentaires de la population. Il préfère poursuivre une fuite en avant mondialiste,

en signant, par exemple, des accords de libre-échange comme le CETA (traité établit entre le Canada et l’Union Européenne). Cette fuite en avant peut être symbolisée à l’échelle mondiale par la volonté du milliardaire Elon Musk d’établir une colonie humaine sur Mars afin de réduire le risque de l’extinction humaine[4].

  Dans ce contexte de fracture peuple/élites et de menaces grandissantes pour notre civilisation, nous devons nous interroger sur les moyens dont nous disposons, simples citoyens, pour reprendre le contrôle de nos vies et de notre futur.  

Collectivement, à l’échelle nationale, la révolte des gilets jaunes pourrait constituer un début de solution si cela débouchait sur l’instauration d’un RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) ou d’une constituante qui donnerait la souveraineté au peuple. Mais cela n’est pas suffisant, l’issue de ce combat est trop incertaine bien qu’il faille le mener. Une autre approche, qui peut parfaitement être complémentaire, serait de s’investir politiquement à une échelle plus locale, celle de la commune ou du « village ».

Le village comme nouvelle échelle d’action politique cohérente

Lorsque l’on s’y intéresse de plus près, cette échelle dispose de nombreux atouts pour répondre aux enjeux évoqués plus haut.

Sur l’aspect démocratique, la commune permet une plus grande proximité entre le décideur et l’administré. Il donne également plus de poids à la voix de chaque individu. Le niveau local à l’avantage de donner plus d’impact à l’action politique car les rapports de forces ne sont pas les mêmes qu’à des échelles nationales ou continentales qui sont contrôlés par des intérêts privés surpuissants (banques, multinationales, lobbyes). La reconquête du pouvoir par des moyens démocratiques y paraît donc plus envisageable.

Sur le plan, écologique et économique, le village est l’échelle idéale pour relocaliser la production, mettre en place des circuits courts et proposer des alternatives concrètes à la société de consommation.

Le système en place cherche à noyauter le mouvement écologiste afin de promouvoir son agenda mondialiste. Comme le climat est mondial, seul un gouvernement mondial serait en mesure de prendre les décisions nécessaires pour « sauver la planète ». Cependant l’oligarchie ne cherche pas à régler ces problèmes: elle les utilise pour obtenir davantage de pouvoir et se soustraire à la souveraineté populaire.

La réelle solution écologique est la relocalisation de l’économie et la diminution des échanges internationaux.

Le retour au cadre  de vie rural en quelque sorte comme rouage d’une réorganisation de l’économie mondiale.

Enfin, dans le domaine culturel et sociétal, le retour à des petites communautés basées sur l’entraide et le partage apporte des réponses au rique d’effondrement systémique. En effet, dans cette hypothèse, un village auto-suffisant et solidaire serait infiniment plus résilient qu’une grande ville dépendant de toute une logistique pour fonctionner et peuplée de consommateurs individualistes.

L’envie de revenir à la ruralité et de s’affranchir de la société de consommation est de plus en plus courante au sein des jeunes générations pour diverses raisons. Certains prônent le retour au village en raison de convictions écologistes (sauver la planète) ou égalitaristes (sortir du système capitaliste), d’autres par pur survivalisme. Certains sont à la quête d’une vie qui aurait plus de sens que celle de producteur/consommateur qui nous est proposé dans les périphéries des grandes villes et dans la société en général.

Ainsi, les éco-villages et autres villages alternatifs voient le jour un peu partout en France. Ils proposent le plus souvent des modes de vie radicalement opposés aux standards actuels de consommation et de vie en société.[5]

Si l’on aborde ce sujet sous l’angle des institutions en place, les éléctions municipales de 2020 peuvent être intéressantes dans les petites communes. La mobilisation des citoyens pour faire pression sur les questions démocratiques (RIC) et écologiques (production locale) peuvent permettre d’amorcer des changements à l’échelle locale, loin des lobbys qui contrôlent nos élus lorsque l’on monte au niveau national ou européen.

Pour conclure, revenir à une plus petite échelle d’action politique semble cohérent dans le contexte actuel. Que ce soit par la voie des institutions dans le cadre des communes ou par la voie associative des éco-villages. Cela permet d’apporter des réponses concrètes aux problématiques du XXIème siècle et d’amorcer les changements sociétaux nécessaires à la survie en cas d’effondrement.

Enfin, parvenir à changer notre manière de vivre par nous-même fournira la démonstration de l’inutilité de nos élites. Ainsi, refaire société à l’échelle locale peut nous donner la puissance pour changer les choses à d’autres échelles par la suite.

Les différentes formes de lutte politique évoquées dans cet article ne s’opposent pas, elles sont complémentaires. L’objectif poursuivi étant toujours le même: sortir d’un système qui ne sert plus nos intérêts et qui court à sa perte.

Léo BRISOT

[1] L’effondrement de notre civilisation industrielle (1 :19 :40), Absol vidéos, youtube https://youtu.be/K01MnnOV-u4 ( documentaire long 2:29:02 sérieusement documenté, assez pessimiste dans le sens où il fait le bilan critique réaliste et critique de ce qui dysfonctionne. Cette vidéo ne présente pas ou peu les possibilités de résilience existantes liées à la somme des atouts et des innovations accumulées compatibles avec une dynamique réellement écologiques et les choix politiques d’exploration de nouveaux systèmes économiques, sociaux, de production, de consommation, de production d’énergie, de communication. Ces possibilités existent et sont nombreuses, et toutes avec un bilan de consommation énergie produite / énergie de construction+énergie consommée positive. la 1ère des solutions et des urgences étant d’en répandre la connaissance pour qu’elles ne soient pas réservées à une élite mais deviennent un trèsor collectif disponible à toute l’humanité. Equipe TVGJ)

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[2] https://jeannehettes.wordpress.com/2015/12/16/pourquoi-paris-londres-et-new-york-ne-sont-pas-ensevelis-sous-le-fumier/

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[3] https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/le-pic-petrolier-n-aura-pas-lieu_1998336.html 

[4] https://www.forbes.fr/technologie/vie-sur-mars-elon-musk-expose-sa-vision/

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[5] http://www.rama.1901.org/ev/reseau.html#rfev

en 2012 denys Meadows affirmait qu’il était  désormais trop tard pour le développement durable et qu’il fallait se préparer au choc en construisant dans l’urgence de petites unités de systèmes résilients intégrés localement favorisant une bonne répartition des richesses car l’histoire a montré qu’ une distribution inégalitaire accélère l’effondrement civilisationnel et fut l’un des facteurs et le terreau propice à la récession dans nombre de disparitions de civilisations anciennes. ( document  absol 1:14:00 à 1:15:00)

 

 

 

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  1. Bonjour la famille Gilets Jaunes; loin d’être catastrophiste, il est souhaitable et nécessaire que tout s’effondre; sinon ce sera business as usual.. Et cela commencera par des bouleversements météorologiques; peut-être par des sécheresses à répétition qui déboucheront sur des sécheresses cataclysmiques..Et cela risque de rapidement nous tomber sur la tête; je pense que nous avons franchi un palier depuis une ou deux années.. En observant La Nature, en suivant la météo, point n’est besoin d’être sorti de la “Rue d’Ulm” pour réaliser que nous sommes dans un cheminement climatique qui n’est pas un chemin bucolique.. La sécheresse dure, dure, dure et dure encore, et soeur Anne ne voit pas beaucoup de pluie à l’horizon.. Il fait chaud et sec comme beaucoup n’ont pas connu.. Cette année les récoltes au potager dans nombre de régions sont bien tristes; les paniers pommes de terre sont bien maigres, ainsi que ceux des oignons; quant aux fruits, pommes, poires, prunes, mirabelles et autres noix, on a compté zéro. Il n’y a pas eu de fleurs aux fruitiers, les abeilles n’ont pas fabriqué de miel.. Vous autres gens des villes, vous ne vous en rendez pas vraiment compte, mais dans les campagnes, on fait grise mine.. Les fontaines ne voient pas beaucoup d’eau, les campagnes sont toutes roussies à la mi-septembre.. Pour ne parler que de ce qui se voit, qui nous arrive localement; ce qui se passe partout ailleurs est sans commune mesure.. Qui donc s’en trouve ému? Mère Nature est entrain de se servir de l’engeance sapiens sapiens pour se débarrasser de l’engeance sapiens sapiens; pan sur le bec et cela est bien fait, et mérité.. “Et cependant, Elle tourne..” Salutations effondrées.. Signé: plouckistanais..

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