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Prenons soin de nos seniors !

Je ne vous apprends rien en vous disant que le nombre restreint de places dans les EPHAD est un vrai problème et que l’Etat ne le prend pas en considération à la juste hauteur du besoin réel. C’est une inquiétude sérieuse que l’on ne règlera pas en frappant du poing. Il faut à une échelle individuelle adopter une attitude d’ouverture de cœur et de responsabilisation envers nos seniors qui finissent souvent tristement leurs jours. Simplement aller à la rencontre des personnes âgées qui peuplent notre propre quartier et donner un peu de nous-mêmes.

Ces anciens vivent de plus en plus longtemps mais dans des conditions de fin de vie pénibles. Les problèmes de santé d’aujourd’hui les rendent dépendants à tous les niveaux surtout quand on pense à Alzheimer, les troubles moteurs, les cancers, les AVC… Il y a une cinquantaine d’années en arrière, la fin de vie était tout autre. Les maladies étaient plus “naturelles”, la mort était plus rapide… Les moyens médicaux étaient certes moins nombreux et moins efficaces, mais ils étaient moins indispensables.

Les anciens n’étaient pas une charge, parce-que les familles étaient plus soudées et disponibles. Les plus âgés dans les villages étaient socialement mieux intégrés. Nos quotidiens modernes qui nous occupent en permanence ne favorisent pas le lien entre les gens, et sont peut-être un facteur qui a accentué ce besoin de structures d’accueil pour personnes âgées.  Il n’est pas toujours évident que les familles gardent les anciens près d’eux. Notamment lorsqu’il y a désaccord générationnel:  les styles de vie ont tellement changé, qu’il y a incompatibilité voir rejet de part et d’autre,  et des personnes âgées du style de vie de leurs enfants, et des enfants d’une vie conditionnée par les besoins d’une personne âgée.  C’est compliqué et on peut comprendre qu’une telle prise en charge soit inenvisageable pour certains. Mais si on objectivise la situation en terme de responsabilité humaine, la logique du cycle de la vie n’a pas pour autant disparu: tes parents t’ont donné la vie, ont sacrifié certaines choses, donné de leur temps, t’ont donné les moyens de partir dans la vie du bon pied (du moins dans les familles “saines”). Sans eux tu n’aurais pas survécu et à présent que c’est leur tour d’être dans cet état de dépendance, les rôles s’inversent, l’enfant s’occupe de ses parents. Nous avons le choix entre laisser mourir nos parents et grands-parents dans des institutions sans trop nous impliquer ou intervenir et prendre du temps pour eux. Le choix des EPHAD ? Malheureusement, tant qu’il n’y aura pas plus de structures et de diversité de propositions abordables pour tous, il ne faut pas envisager que c’est LA solution: les places dans des lieux agréables et à taille humaine sont trop rares et “chères”.

Mais il y a une chose qui est à portée de tous pour prendre soin des anciens, qu’ils soient ou non entourés d’une famille, c’est d’aller à leur rencontre. Oui, s’intéresser à ces nombreuses personnes isolées, fragilisées ou tout simplement en train de subir leur fin de vie dans l’ennui. Leur rendre visite, échanger les numéros de téléphone en cas de problèmes, rendre des petits services. Nous avons tous dans notre voisinage des personnes âgées, les connaissez-vous ?

J’ai vécu une belle rencontre avec mon voisin de 85 ans la semaine dernière. C’est cela qui m’a inspiré cet article. Il aura fallu 2 mois (je viens d’emménager) avant que j’aperçoive Emile dans son jardin et que j’entame une conversation avec lui. Je l’avoue, je ne suis pas très portée vers les personnes âgées à la base donc cet échange était plus de l’ordre de la politesse. Mais un élan m’a poussée à m’intéresser à ce monsieur. Lorsqu’il m’a appris qu’il était artiste et m’a proposé de venir jeter un œil à ses créations, j’ai de suite accepté. Et quelle ne fut pas ma surprise ! Me voilà dans un musée, contemplant des toiles d’une beauté incroyables. Des poteries, sculptures, gravures, reliures de livres… Plus de 500 œuvres, des voyages aux quatre coins du monde et une vie incroyable. J’ai été submergée par des émotions diverses dont celle de l’humilité. J’aurais pu me désintéresser de cette personne et ne pas venir chez lui, je serai passée à côté d’une personne exceptionnelle. On n’a pas idée parfois de la valeur de certaines personnes autour de nous parce-qu’on ne s’ouvre pas assez, on manque de curiosité. L’histoire de cet homme jamais marié et sans enfant, vivant seul, m’a bouleversée et j’ai décidé de lui donner de mon temps en présence et en services.

Cette expérience est la mienne mais je souhaiterais, à travers cet appel à la solidarité, que nous soyons nombreux à la vivre.

visitez la galerie de photos de quelques unes des oeuvres d’Emile Chabeyron

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  1. Prenons soin de nos seniors mais continuons a pisser sur les enfants en les éduquant. La république repose sur la mise en milieux carcéraux du vivant. H/F en prison entreprise, enfants en prisons écoles. Malades en prison hôpitaux. Vieux en prison hépads. Animaux en prison bâtiment agricoles. Plantes en champs clôturés.
    L’éducation n’est pas la solution, l’éducation est le problème.

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