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La Liberté? où ça la liberté? pour qui la liberté de quoi?

La Liberté

La Liberté ! Voilà ce qui est à conquérir ; mais la liberté vraie, la liberté pour tous, cette liberté qu’on chercherait en vain partout où ne se trouvent pas l’égalité et la fraternité, ses sœurs indissociables.

Si nous demandions pour quel motif la liberté de l’état sauvage a été jugée fausse et détruite, le premier enfant venu nous répondrait ce qu’il y a réellement à répondre.

La liberté de l’état sauvage n’était, en fait, qu’une abominable oppression

parce qu’elle se combinait avec l’inégalité des forces, parce qu’elle faisait de l’homme faible la victime des plus forts, et de l’homme impotent la proie des plus agiles.

Or, nous avons, dans le régime social actuel,

au lieu de l’inégalité des forces ,

l’inégalité des moyens de développement

Au lieu de la lutte corps à corps, la lutte de capital à capital; au lieu de l’abus de la supériorité physique, l’abus d’une supériorité convenue ; au lieu de l’homme faible, l’ignorant ; au lieu de l’homme impotent, le pauvre.

Où est donc la liberté?

Elle existe assurément, et même doublée de la possibilité d’ abuser les plus faibles, pour ceux qui se trouvent pourvus des moyens d’en jouir et de la faire fructifier, pour ceux qui sont en possession du sol, du numéraire, du crédit, des mille ressources que donne la culture de l’intelligence;

Mais en est-il de même pour cette classe si intéressante et si nombreuse, pour Nous. Classe qui n’a ni terres, ni capitaux, ni crédit, ni véritable instruction (en raison d’orientations budgétaires qui favorisent les grandes écoles par rapport aux universités devenues, pour ainsi dire, les «banlieues de l’éducation nationale»). C’est-à-dire rien de ce qui permet à l’individu de se suffire et de développer ses facultés.

Et lorsque la société se trouve ainsi partagée, qu’il y a d’un côté une force immense, et de l’autre une immense faiblesse, on déchaîne au milieu d’elle la concurrence (suprême travestissement de la liberté à travers la notion de libre concurrence) la concurrence qui met aux prises le riche avec le pauvre, le spéculateur habile avec le travailleur naïf, le banquier usurier avec le client assommé de servitudes, l’athlète armé de pied en cap avec le combattant désarmé, l’homme ingambe avec le paralytique ! Et ce choc désordonné, permanent, de la puissance et de l’impuissance, cette anarchie dans l’oppression, cette invisible tyrannie des choses… Voilà ce qu’on ose appeler la liberté !

Est-il libre de discuter les conditions de son travail, l’employé qui meurt, si le débat se prolonge ! Est-il  libre de mettre son existence à l’abri,  est -il libre le travailleur (employé et entrepreneur) qui, dans la confuse mêlée de tant d’efforts individuels, se voit réduit à dépendre, non pas de sa prévoyance et de sa sagesse, mais de chacun des désordres qu’enfante naturellement la concurrence? Cette concurrence qui fait d’une faillite lointaine, d’une commande qui cesse, de la découverte d’une machinne plus performante, d’un atelier qui se ferme, d’une panique industrielle, d’une crise financière, d’un chômage, une multiplication de risques qui invalide toute notion de liberté !

De nos jours, a-t-on dit, rien ne réussit mieux que le succès.  C’est vrai, et cela suffit pour la condamnation de l’ordre social qu’un semblable aphorisme caractérise.

Car toutes les notions de la justice et de l’humanité sont interverties,

On a d’autant plus de facilités pour s’enrichir qu’on a moins besoin de devenir riche, et on peut d’autant moins échapper à la misère qu’on est plus misérable.

Êtes-vous né au sein de l’opulence ? Prenez du bon temps, menez joyeuse vie, dormez : Votre argent gagne de l’argent pour vous. Rien ne réussit mieux que le succès !   Le hasard de la naissance vous a-t-il jeté parmi nous dans un dénuement absolu ? Travaillez, souffrez, mourez : On ne fait pas crédit au pauvre, et la doctrine de l’individualisme économique le voue à l’abandon.

Mais, laisse t-on croire,  le pauvre a le droit d’améliorer sa position, et qu’importe, s’il n’en a pas le pouvoir? Qu’importe au malade, qu’on ne guérit pas, le droit d’être guéri ?

Le droit, considéré d’une manière abstraite, est le mirage qui, depuis 1789, tient le peuple abusé.

Le droit est la protection métaphysique et morte qui a remplacé, pour le peuple, la protection vivante qu’on lui devait. Le droit, pompeusement et stérilement proclamé dans des Chartes, Constitution, Déclaration, Traités de tout poil, n’a servi qu’à masquer ce qu’un régime d’individualisme avait d’injuste et ce que l’abandon du pauvre avait de barbare.

C’est parce qu’on a défini la liberté par le mot droit, qu’on en est venu à appeler hommes libres, des hommes esclaves de la faim, esclaves du froid, esclaves de l’ignorance, esclaves du hasard.

Disons-le donc une fois pour toutes :

la liberté consiste, non pas seulement dans le droit accordé, mais dans le pouvoir donné à l’homme d’exercer, de développer ses facultés, dans le cadre d’un état de droit et sous la sauvegarde de la loi.

Or, le pouvoir a des Chambres qui vous menacent de leurs lois, des tribunaux qui vous assignent de leurs jugements, des policiers qui vous frappent de leurs matraques et LBD et vous gazent aux lacrymogènes.

Emparez-vous donc du pouvoir si vous ne voulez pas qu’il vous accable.

Prenez-le pour instrument, sous peine de le rencontrer comme obstacle. Par ailleurs, gardons à l’esprit que la pauvreté des uns fait, et a toujours fait, la peur des autres d’où la surenchère sécuritaire permanente. L’intérêt social est commun, les interdépendances croissantes:

L’antagonisme  est une construction.

A bientôt…

07 juin 2019

BC

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  1. Toutes les éducations créent les antagonisme entre les hommes. De quelle liberté parle t’on? La liberté est en quête d’heureux pères.
    L’éducation n’est pas la solution l’éducation est le problème. Cdlt.

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